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Le Nouvel Observateur

http://permanent.nouvelobs.com/etranger/20030305.OBS7775.html

 

 

Traducido al español por Raúl de Sagastizabal.

http://espanol.geocities.com/de_sagastizabal

 

 

5 de marzo de 2003

 

ARGENTINA - ¿La Patagonia subastada?

«Con el fin de reembolsar su deuda al FMI, el Gobierno argentino negociaría secretamente la venta de esta región y sus recursos naturales a los Estados Unidos.»

Ciertas asociaciones sospechan desde hace varios meses que las autoridades argentinas, confrontadas a una crisis social y financiera sin precedentes, consideran la posibilidad de vender parte del territorio de la Patagonia y sus recursos naturales a los Estados Unidos, a cambio de la anulación de una deuda colosal que el país contrajo ante el Fondo Monetario Internacional (FMI).

Estas sospechas fueron reforzadas por el diario Libération el 4 de marzo, en un reportaje en que describe una encuesta entre los habitantes de la región y destaca algunas relaciones entre los dirigentes argentinos y algunas empresas americanas.

Un sondeo misterioso, vínculos dudosos

En marzo de 2002, reporta el diario, se envió un cuestionario al efecto a los habitantes de la Patagonia, preguntándoles, en particular, si estarían dispuestos a intercambiar los 1,76 millones de kilómetros cuadrados de la región contra la anulación de la deuda del país y si aceptarían confiar la economía argentina a un funcionario del FMI u otro organismo internacional.

Este sondeo fue presentado al Instituto Tecnológico de Massachusetts por un macroeconomista de nombre Rudiger Dornbush, que por otra parte es consultor de un lobby americano, Zemi Communication. Ahora bien: esta sociedad resultó ser la elegida por el Presidente argentino Eduardo Duhalde a fin de abogar por su causa ante instituciones internacionales.

Además, Zemi Communication está presidida por el antiguo Secretario de Estado del Presidente Richard Nixon, Henry Kissinger, que nunca ha ocultado su interés por las reservas naturales de la Patagonia.

Esta región dispone, en efecto, de importantes reservas de petróleo --75% de las reservas del país-- agua dulce  y minerales, que desde hace varios años son codiciadas por las empresas extranjeras.

Tierras desmanteladas

Estas reservas naturales ya son en gran parte de propiedad financiera de sociedades extranjeras. Así pues, la sociedad canadiense de prospección IMA Exploration, es propietaria de 1.000 kilómetros cuadrados de tierra y anunció, en un comunicado del 4 de marzo, haber descubierto un importante yacimiento de plata en la región de Navidad. El comunicado precisa que "Navidad se encuentra en la región de la Patagonia, en Argentina, y es 100% de propiedad de la compañía".

De la misma forma Libération enumera las propiedades de Douglas Tompkins, empresario americano y fundador de Patagonia Land Trust, proprietario de alrededor de 100.000 hectáreas. Además, destaca el diario, 14,5 millones de hectáreas de tierras agrícolas de Patagonia están hipotecadas por dos bancos, el Nación y el Provincia. Dentro del cuadro de una privatización de las instituciones financieras argentinas vivamente reclamada por el FMI, estas hipotecas serían revendidas, probablemente a un inversor extranjero, que se constituiría así en el proprietario.

Los nativos contra "la puesta en venta"

El Gobierno ya ha dado motivo a las asociaciones de defensa de la Patagonia a pensar que está negociando secretamente una subasta de la Patagonia. En noviembre de 2002, la coordinadora de los pueblos indígenas argentinos publicaba un comunicado de prensa titulado "Se adjudica la Patagonia". "Ustedes serán certeramente informados del proceso de subasta de la Patagonia que el Estado nacional y los Estados provinciales conducen en beneficio de grandes intereses extranjeros." "La forma desvergonzada con que este proceso se lleva a cabo", afirma el comunicado dirigiéndose a los periodistas, "es prácticamente una entrega del territorio y la utilización de recursos naturales estratégicos para la humanidad, como el agua, que, curiosamente, forman parte esencial del interés de esta subasta".-

 

 

TEXTO DE LA VERSION ORIGINAL

 

Le Nouvel Observateur

http://permanent.nouvelobs.com/etranger/20030305.OBS7775.html

 

5 mars 2003

 

ARGENTINE - La Patagonie mise aux enchères?

 

Afin de rembouser sa dette au FMI, le gouvernement argentin négocierait en sous-main la vente de cette région et de ses ressources naturelles aux Etats-Unis.

 

Confrontés à une crise sociale et financière sans précédent, des responsables argentins sont soupçonnés depuis plusieurs mois par des associations d'envisager la vente du territoire de la Patagonie et de ses ressources naturelles aux Etats-Unis en échange d'une annulation d'une dette colossale que le pays a contracté auprès du Fonds monétaire international (FMI).


Des soupçons renforcés par le quotidien Libération du 4 mars, dans un reportage faisant état d'une enquête réalisée auprès des habitants et soulignant certaines relations entre les dirigeants argentins et certaines firmes américaines.

Un sondage mystérieux, des liens douteux

En mars 2002, rapporte le quotidien, un questionnaire a en effet été envoyé aux Argentins de Patagonie, leur demandant notamment s'ils seraient prêts à échanger les 1,76 millions de kilomètres carrés de terre de la Patagonie contre l'annulation de la dette du pays ou encore s'ils accepteraient de confier l'économie argentine à un fonctionnaire du FMI ou d'un autre organisme international.


Ce sondage a été présenté à l'institut américain du MIT (Massachusetts Institute of Technology) par un macro-économiste du nom de Rudiger Dornbush qui est par ailleurs consultant pour une société de lobbying américaine, la Zemi Communication. Or cette société ce trouve être celle choisie par le président argentin Eduardo Duhalde afin de plaider sa cause auprès des institutions internationales.


De plus la Zemi Communication est présidée par l'ancien secrétaire d'Etat du président Richard Nixon, Henry Kissinger, qui n'a jamais caché son intérêt pour les réserves naturelles de la Patagonie.


Cette région dispose en effet d'importantes réserves en pétrole -75% des réserves du pays- eau douce, et en minéraux qui depuis plusieurs années sont convoitées par les entreprises étrangères.

Des terres démantelées

Ces réserves naturelles sont déjà en grande partie la propriété financières de sociétés étrangères. Ainsi, la société canadienne de prospection IMA Exploration, est d'ores et déjà propriétaire de 1.000 kilomètres carrés de terre et a annoncé, dans un communiqué du 4 mars avoir découvert un important gisement d'argent dans la région de Navidad. Le communiqué précise que "Navidad se trouve dans la région de la Patagonie en Argentine et est à 100% détenue par le compagnie".


De même Libération liste les propriétés de Douglas Tompkins, entrepreneur américain et fondateur de la Patagonia Land Trust, propriétaire d'environ 100.000 hectares. De plus, souligne le quotidien, 14,5 millions d'hectares de terres agricoles de Patagonie sont hypothéquées après de deux banques, la Nation et la Provincia. Dans le cadre d'une privatisation des institutions financières argentines, vivement réclamé par le FMI, ces hypothèques seraient revendues, probablement à un investisseur étranger, qui en deviendrait ainsi le propriétaire.

Les natifs contre "la mise aux enchères"

Des éléments qui amènent les associations de défense de la Patagonie à penser que des négociations en sous-main sur une mise aux enchères de la Patagonie ont déjà été lancées par le gouvernement. En novembre 2002, la plate-forme des peuples indigènes argentins publiait un communiqué de presse intitulé "S'adjuger la Patagonie". "Vous serez certainement bien informés du processus de mise aux enchères de la Patagonie que l'Etat national et les Etats provinciaux mènent au bénéfice des grands intérêts étrangers." "La forme honteuse avec laquelle ce processus est mené à bien", affirme le communiqué s'adressant aux journalistes, "est pratiquement une livraison du territoire et de l'utilisation des ressources naturelles stratégiques pour l'humanité comme l'eau, qui, curieusement, forment une partie essentielle de l'intérêt de cette vente aux enchères".-

© Le Nouvel Observateur

 

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